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Judo Club d'Annecy
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 CELA COMMENCE EN 1950, il était une fois…

 

 L’ŒUVRE DES PIONNIERS (1950-1965)

 

 Soixante années se sont écoulées depuis le jour où, en bordure du lac d’Annecy, dans une grange aux murs décrépis, lézardés, laissant apparaître des pierres érodées par le temps, quelques garçons décident de se réunir pour s’adonner à une nouvelle discipline arrivant d’extrême Orient :

Le JUDO.

Même si depuis le 5 décembre 1946 le « journal officiel » annonçait la création de la Fédération Française de Judo et Jujitsu, ce sport méconnu, ignoré du grand public, précédé de légende fantastique et auréolé de puissances mystérieuses exerçait sur les esprits curieux une fascination étrange.

 Sans vouloir surestimer le pouvoir occulte qu’il pouvait détenir dans l’art de terrasser un éventuel adversaire, ces adeptes muent par une curiosité instinctive était par ailleurs séduit par l’aspect énigmatique entretenu avec beaucoup de bonheur par les rares initiés. Ils en prolongeaient savamment l’attrait magique qui semblait combler le désir d’évasion de la jeunesse.

Certes, ces Maîtres essayaient de cacher leurs difficultés à résoudre des situations en développant autour de ce sport une philosophie assez imprécise et nébuleuse. Seul comptait pour eux la découverte de ce sport insolite et c’était avec beaucoup d’enthousiasme qu’ils empruntaient le sentier escarpé qui les conduisaient vers le premier Dojo Annecien flanqué sur les contreforts des Espagnoux.

 

LE DÉPART FUT INESPÉRÉ ET FULGURANT.

 

Devant ce succès extraordinaire, il fut créé un club dont les animateurs avaient pour noms :

 Jean-Pierre POCHAT, Jacques LEMEGNEN, Marcel VUACHET, René Gay, René FANTIN, ELMOSTINO, GROSSET, DANNELMULLER, TUR, FRONT, et un peu plus tard Pierre Ragot, Jean BOURGEAUX, Pierre CHAUMETON, Manu LOPEZ, Roger GAIME, PRATI, Pierre Granger et bien d’autres…

 

 60 ans après cela paraît très lointain lorsque dans le long cheminement du temps on peut établir un point fixe et notre esprit est pris de vertige devant la ronde infernale des années.

 

Parcourant alors l’album de famille la sensibilité des photos ranime les souvenirs et permet de mesurer les traces indélébiles laissées par l’outrage des ans.

 

Sans se laisser submerger par les vagues de la nostalgie nous devons nous remémorer les instants joyeux et enthousiastes qui ont marqué la vie de notre Club et rendre hommage à tous ceux qui à l’instant décisif ont su lui donner l’impulsion physique nécessaire pour affronter les rigueurs d’un démarrage difficile.

 

Ces pionniers qui ne sont plus là pour contempler la vitalité de cet enfant qu’ils ont porté sur les fonds baptismaux et qui mérite le respect, la reconnaissance et l’expression des remerciements de toutes les générations qui ont passé dans ces Dojos.

 

Les embûches très rapidement se multiplièrent et posèrent de graves problèmes au comité-directeur de l’époque présidé par Monsieur LEMEGNEN. Les rigueurs de l’hiver 1953 déciment l’effectif et tempéra les ardeurs.

 Il fallut changer de local et le club trouva asile dans un hangar désaffecté situé rue de l’Industrie.

 

Plus de toit, plus de fenêtres, chacun se fit maçon, charpentier, électricien, couvreur, plâtrier sous la houlette de René Fantin.

 

Les diverses réparations durèrent près de 3 mois et lorsque la salle fut prête à accueillir « les mordus » il ne restait que 5 fanatiques qui refusaient de capituler.

 

 

 Alors commença pour le Club la période la plus difficile de son histoire et chaque jour qui s’écoulait était un camouflet à la facilité et un tribut chèrement payé à la persévérance.

 

Pierre CHAUMETON remplace Jacques LEMEGNEN à la présidence.

 Un an plus tard Jean-Pierre POCHAT lui succèdera.

 La flamme vacillante qui refusait de s’éteindre retrouva de sa vigueur sous la houlette de Jean-Pierre.

 

En dehors des livres consultés en permanence et qui apportent un support technique, arrive le premier enseignant Pierre RAGOT, 148ème C.N. de la F.F.J.D.A.

 

C’est à ce moment là que le Judo Français connaît sa crise de croissance.

 

Au début des années 50 cet art japonais forme un ensemble uni et cohérent, Fédération et Collège appliquent une politique définie par Maître KAWASHI.

L’équilibre est fragile et le développement rapide dégage de nouveaux enjeux.

La culture réservée et initiatique du Judo des années 1940 se heurte à un modèle sportif grandissant.

 

« Le JUDO est-il un sport ? Est-il autre chose qu’un sport ?

 

Pendant plus de dix ans la question essentielle de l’identité de la discipline se posera aux judokas.

La méthode rigide de Maître KAWASHI est un point faible.

 Des français partent au JAPON pendant que des experts japonais « visitent » la France.

 

Pour avoir beaucoup espéré « les dieux » enfin récompensent les dirigeants du Club en leur envoyant d’authentiques experts.

 

Jean BEAUJEAN 8ème C.N. de la F.F.J.D.A. de retour du JAPON organise un stage à ANNECY.

Il juge le niveau des judokas anneciens et attribue la ceinture bleue à Jean-Pierre POCHAT, Marcel VUACHET et Jean BOURGEAUX.

 

Un an plus tard, de passage à PARIS, Jean BOURGEAUX obtient de Jean BEAUJEAN la ceinture marron.

Nous sommes en 1953.

 

 

UNE QUESTION SE POSE :

 

Doit-on privilégier le développement sportif à outrance au détriment des aspirations philosophiques ou intellectuelles qui constituaient souvent, à l’époque, la motivation principale du nombre d’adeptes.

Il apparaît que le JUDO donne une dimension spirituelle à la performance.

Ce choix est traduit par une exigence de style.

Le corps cassés et les défenses en force sont interdites ou méprisées.

L’efficacité n’a de valeur que dans la beauté du geste.

 

Le JUDO n’est pas une lutte banale.

 

Pour de nombreux professeurs la contre-prise est déconsidérée.

Les spécialistes du travail au sol sont craints et respectés mais ils sont loin d’obtenir l’admiration que reçoivent les experts des balayages et des entrées en cercle.

Il serait faux de généraliser ce point de vue à l’ensemble des judokas de cette époque, mais malgré leurs différences, tous s’accordent à définir le geste idéal, un mouvement absolu si parfaitement exécuté qu’il est au-delà des sensations et de la conscience.

 

Les stages se multiplient à ANNECY sous la responsabilité d’experts japonais et français comme Maître FUKUDA, champion universitaire japonais, CAUQUIL, champion d’Europe…etc.

 

Ces contacts de très haut niveau permettent d’accomplir un bon prodigieux et le JUDO-CLUB d’ANNECY devient le grand leader de la Ligue Dauphiné-Savoie.

 

Jean BOURGEAUX, le 27/11/1954, Jean-Pierre POCHAT, Marcel VUACHET et Manu LOPEZ en 1955, après un travail intensif, réussirent à faire leur entrée dans le club des 1200 premiers C.N. de la F.F.J.D.A.

 

Alors commence la période des succès : Jean BOURGEAUX reste pendant 14 saisons champion de Ligue individuel toutes catégories et ensuite par catégorie de poids.

Il obtient son 2ème Dan le 27/06/ 1956, son 3ème dan le 26/07/1958.

 

L’équipe du club composée de BOURGEAUX, LOPEZ, POCHAT, VUACHET est championne de Ligue en 1958 à EVIAN devant le J.C. de GRENOBLE.

 

Jean BOURGEAUX continue sur sa lancée, il remporte :

Ø Le grand prix international de la ville de GENÈVE,

Ø Le tournoi international du Lac Léman à LAUSANNE,

Ø La « coupe de Noël de la ville de LYON », deux années de suite.

Ø Il est sélectionné dans l’équipe de France, le 20 Avril 1963

 

Ces brillants succès créent une émulation et amènent vers le Dojo de nouveaux pratiquants.

 

Le club sort de l’ornière et sa progression devient alors constante.

 

Cette salle construite de nos mains devient trop petite et elle doit disparaître avec l’urbanisation du quartier de la gare.

 

La chance nous sourit en nous faisant rencontrer un sympathique restaurateur qui nous loua, rue du Pâquier, un vieil appartement que l’on aménagea à la suite d’importants travaux de restauration.

Malgré toutes les précautions apportées dans la consolidation et l’équipement, il s’avéra très vite que la pratique du Judo dans cet appartement ne pouvait se faire au dessus d’un magasin, d’autant plus que le club « frise » les 600 licenciés.

 

Grâce à la compréhension de la Ville d’ANNECY et de son Maire Charles BOSSON, le JUDO-CLUB d’ANNECY peut intégrer la salle actuelle dans le complexe d’un équipement sportif du parc des sports.

 

Ce nouveau Dojo de 500 m2 allait consacrer notre droit de citer et mettait un terme à notre vie de saltimbanque.

 

C’était la récompense de notre entêtement, de notre foi dans notre discipline.

 

Une période s’achève, une autre s’ouvre.

 

 

Au début des années 90, l’engagement du Judo-Club d’ANNECY pour la compétition ne se dément pas. Les compétiteurs sont amenés aux quatre coins de la France pour participer à des compétitions amicales ou officielles. Le Judo-Club d’ANNECY participe avec les cadets au tournoi international du CANET en ROUSSILLON où ils peuvent ainsi se frotter aux Russes, Espagnols, et Italiens invités et ce pendant plusieurs saisons.

Les compétiteurs garçons ou filles, participent également aux championnats de Zone et nationaux organisés par notre fédération. Ces compétiteurs ont pour nom : Laurence GALLET, Florence ALIX, Catherine BERTHET, Sophie RICHARD, Frédéric DARLOT, Jérôme FORMET, Cédric MERMOUD, Sofien BAOUZ, Stéphane DEMULES, Erwan GRAVIOU, entre autres.

Durant la saison 93/94 quatre mousquetaires que sont : Laurence GALLET, Gilles SUBLET, Patrick LAVOREL, et Pascal DECKER, suivent, sur l’impulsion du comité directeur d’alors, les cours de l’école des cadres de LYON, dirigée par Maître Georges BAUDOT. Ils obtiennent ainsi leur brevet d’état d’enseignant et tous les quatre, à des degrés divers, participent aujourd’hui activement à la vie du Judo-Club d’ANNECY. Sous leur impulsion, les cours compétition sont organisés les samedi après-midi et, pendant 2 heures 30, une vingtaine de compétiteurs de cadets à seniors s’entraînent d’arrache-pied pour progresser et porter loin les couleurs du Judo-Club d’ANNECY ;

Ces cours, pendant une demi-douzaine d’années, ont apporté une amitié, un sens du respect des autres à tous les participants. Aujourd’hui, avec la vie moderne ces cours n’existent plus, mais il suffirait que quelques éléments motivés en expriment le désir pour qu’ils redémarrent de plus belle.

Maintenant, même si la compétition est toujours proposée par les enseignants , les membres du Judo-Club d’ANNECY préfèrent pratiquer une « judo loisirs » qui leur permet de mieux s’épanouir et revenir ainsi aux sources du judo qui est bien sur un sport mais aussi et surtout un « art de vivre ».

Ce n’est pas par hasard que le fondateur du Judo moderne était ami avec le Baron Pierre de Coubertin, l’inventeur des jeux olympiques modernes.

Depuis son origine, le Judo-Club d’ANNECY est fier d’avoir toujours respecté les principes des pères fondateurs et de faire du Judo bien plus qu’un sport, mais une méthode de vie et d’éducation où chacun puise dans l’autre sa propre énergie.     

 

 

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