BRAVO à Adrien Mattenet !!!!!
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"J'AI DONNÉ LE MAXIMUM"
D'une manière assez injuste, Adrien Mattenet quitte la Coupe du monde en quart de finale sur une défaite très sévère contre Zhang Jike (4-0). Mais cette triste conclusion ne doit pas occulter la grande semaine du Français qui se rapproche inexorablement du Top 20 mondial.
D'un geste fébrile, urgent, Adrien Mattenet lâche sa raquette pour s'emparer du premier micro venu. Malheureux de sa défaite rapide, il a un message pour le public nombreux : "Je suis désolé pour cette journée. J'étais à fond et même si j'ai donné le maximum, je suis obligé de présenter mes excuses car les gens étaient venus pour un spectacle. J'aime donner du plaisir à tous ceux qui vivent des moments difficiles par ailleurs." Il pousse l'empathie très loin. Entre les lignes, on entend presque le regret d'un parcours si beau mais si cruel à la fin.
Une poignée de minutes s'est écoulée depuis son élimination. Il renâcle. Son analyse est sans pitié. "J'étais un peu émoussé par la journée de vendredi. Aujourd'hui, je n'avais pas la justesse nécessaire sur les trajectoires adverses, j'étais souvent mal placé, sans qualité de balle, énumère-t-il. Zhang avait toujours l'ascendant pendant l'échange. Je sentais beaucoup moins la balle qu'hier. Ce qui me chagrine le plus, c'est de conclure mon parcours aussi frustré."
Avec le recul, il ne regrette pas d'avoir tiré un Chinois plutôt que Timo Boll, autre battu du jour, conscient qu'il devra les battre de toute façon pour monter un jour sur le podium d'une compétition internationale. "Les Chinois ont des raquettes et des plaques différentes, cela modifie la lourdeur de la balle. Contre eux, je me fais défoncer à chaque fois ! J'aurais du l'atteindre psychologiquement, parvenir à le déstabiliser et faire moins de fautes. D'un match pareil, je ne sais pas encore si j'ai beaucoup appris. En revanche, les victoires récentes de plusieurs Européens contre des Chinois me donne envie de travailler."
Surtout qu'il est conscient de sa totale impuissance pendant tout le match : "J'ai perdu les pédales dans ma tête." Assez dur avec lui-même, il refuse de voir autre chose que les 4-0 infligés par Jun Mizutani puis Zhang Jike. L'addition du jour est salée. On sent l'esprit cartésien en surchauffe derrière ses lunettes. "Je deviens régulier sur les grandes compétitions mais je suis encore loin du dernier carré à chaque fois." Ses progrès lui permettent tout de même de viser l'une des seize premières places aux JO de Londres afin de n'entrer dans le tournoi qu'au troisième tour.
Quand Adrien Mattenet commence à se projeter sur l'avenir, c'est que la déception s'atténue. Il est donc l'heure d'un bilan objectif de sa Coupe du monde. "Lorsque j'entrerai dans la salle demain, peut-être que les gens seront contents. Oui, je pense que oui." Une silhouette discrète se glisse jusqu'à lui. Du bout des lèvres, elle lui souffle : "Bravo". A peine le temps de se retourner et Jean-Philippe Gatien est déjà reparti. Un seul mot d'une légende. D'une certaine façon, le plus juste bilan de la Coupe du monde de "Harry Potter".